Villa Kérylos | Beaulieu sur Mer

Ce n’était pas un petit projet que celui d’imaginer reconstituer en France, une demeure de la Grèce Antique, au début du 20ème siècle.

Ce n’était pas non plus à la portée de tout le monde ! Il aura fallu l’équivalent de 45 millions d’euros et 6 ans pour réaliser ce rêve, le rêve fou de Théodore Reinach, archéologue, homme d’État français et grand savant, fasciné par la civilisation grecque.

Pour l’anecdote, il est le plus jeune d’une fratrie de trois garçons, tous surdoués et surnommés les « Je Sais Tout »  (J, S et T correspondant aux initiales de leurs trois prénoms: Joseph, Salomon et Théodore)

De l’Ile de Délos à la Baie des fourmis de Beaulieu sur Mer
Selon la mythologie, cette petite île grecque, jusque là flottante, fut immobilisée par Zeus lui-même, afin que Léto poursuivi par la jalousie d’Héra y trouve asile…

Aujourd’hui Délos est inhabitée et aride, mais pendant la Grèce antique, elle possédait un lac d’eau douce et potable qui a joué un rôle sur le plan commercial malgré sa mauvaise exposition aux vents.

Sur l’île, à l’époque, se construisent de belles maisons et parmi elles de très luxueuses demeures avec une cour intérieure rectangulaire autour de laquelle sont distribuées les différentes pièces. Cette magnifique cour à péristyle (galerie de colonnes faisant le tour de la cour) est tout en marbre et possède au sol, des décors de mosaïque. Quand Théodore Reinach décide en 1902 de faire appel à l’architecte Emmanuel Pontremoli pour réaliser sa demeure, ils vont s’inspirer des maisons de l’Ile de Délos avec leur « tapis » de mosaïque polychrome et l’architecte va se passionner pour ce projet (C’est vrai qu’on le serait à moins !) et y mettre sa patte libre pendant six ans pour réaliser ce bijou.

Il nommera sa Villa « Kérylos » du nom d’un oiseau poétique de la mythologie, une hirondelle de mer qui annonçait les heureux présages.

Bon alors ? On la commence, cette visite ? Sachez que vous visiterez environ 800 m2 sur les 1950 habitables.

Χαῖρε ! Χαῖρε ! Monsieur Reinach vous souhaite la bienvenue, Χαῖρε veut dire plus exactement REJOUIS-TOI ! Cette inscription est insérée au sol dans la mosaïque dès votre premier pas dans la villa. Immédiatement derrière, un panneau en mosaïque représente la famille, un coq, une poule et les petits poussins. Immédiatement, on pourrait se sentir chez soi ! (Sauf que je ne suis pas certaine, qu’à l’époque, j’aurais pu faire partie des convives de Monsieur Reinach qui prenait un soin particulier à faire vivre ses intérêts par des relations au portefeuille épais !) Il avait des liens particuliers avec les Ephrussi de Rothschild dont j’ai fait un article dernièrement. Madame Reinach était la nièce du Baron Maurice Ephrussi : On fait très attention à protéger les finances, dans ces milieux là !

Une visite riche en détails et en émerveillement
Vous visiterez les Thermes et son étonnante modernité pour l’époque puisque les systèmes d’eau et de chauffage sont savamment dissimulés dans le sol sous des grilles discrètes. Le courant étant en 110 Volts, il y avait plus d’une vingtaine de batteries capables de prendre le relais en cas de problème et de coupure d’électricité, ce qui était assez commun au début des années 1900.

Les matières nobles, au fur et à mesure de la visite sont plus époustouflantes les unes que les autres, les colonnes en marbre veiné, les stucs, l’opaline, l’albâtre ; le mobilier est rare et en bois précieux, souvent incrusté d’ivoire. Les marqueteries sont délicates et raffinées.

Comme je vous le disais plus haut, la villa prend place autour d’une immense cour intérieure, appelée péristyle, magnifique endroit où il fait bon rester, tant la lumière et l’air y ont une belle place. Vous y verrez un cadran solaire pour que chacun puisse voir « l’heure du travail et l’heure du repos. » Les murs sont peints à l’encaustique et à la poudre de marbre et ce sont des scènes de la mythologie grecque qui y sont représentées sur les thèmes du vin et de la mer.

Les autres pièces tournent autour du péristyle, comme la bibliothèque exposée sud-est dans le but d’y laisser pénétrer dès l’aube la lumière du jour pour la lecture du matin. Puis, le salon, l’Andron, réservé aux hommes (mais j’ai eu le droit d’y rentrer, hein ! On n’est plus au 7ème siècle avant Jésus Christ !) est en marbre de fleur de pêcher avec, entre autres, un vase appelé cratère dans lequel on tentait d’améliorer ce vin difficile à boire qu’était le vin grec !

Au sol, les panneaux en mosaïque représentent le labyrinthe construit par Dédale pour y enfermer le Minotaure sur ordre de Minos.

Le petit salon est dédié à Dionysos avec de jolis stucs représentant sa naissance, l’amour, des scènes de guerre avec des pirates qui s’entretuent. Ici se trouve une pièce maîtresse de cette demeure, un piano conçu par Pleyel dont vous connaitrez les secrets seulement si vous faites la visite avec le guide (11 h et 15 h)

Vous verrez les appartements de Monsieur et Madame Reinach ; chez Madame, des scènes du gynécée, sa douche hydro-massante avec 1530 jets !

La cerise sur le gâteau, seulement si vous prenez la visite avec le guide (super sympa et très intéressant) c’est la visite de la terrasse au plus haut de la villa par un petit escalier en bois ! Vue panoramique époustouflante garantie !

La galerie des antiques présente des statues grecques. Elle se trouve sur l’ancien chemin des douaniers.

Il y a tant de détails dans cette visite que tout vous raconter prendrait des pages et des pages. L’idéal c’est donc d’y aller. Aucune déception possible. L’accueil y est bon.

Merci à ma sœur Lucile, d’avoir, l’espace d’une visite, pris la pose à la manière d’une déesse grecque.

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1 Comment

  1. Je ne savais même pas qu’on pouvait la visiter… En plus on adore la Grèce Antique avec ma compagne, ça devrait nous plaire. Merci !

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